Appel à manifestation d'intérêt

Thématique
artistique 2026

Du fond des ravines qui ceinturent les îlets jusqu’aux plus hautes falaises drapées de brume, entre les cases colorées et les grilles de fer forgé, le cirque de Salazie est indissociable d’une présence, à la fois familière et envahissante : le chouchou. Importée, acclimatée, cette plante a trouvé dans ce territoire un terrain d’élection. Elle s’est multipliée sans retenue, étendant lianes, feuilles et vrilles sur les parois rocheuses, les clôtures, les toitures et les jardins. Elle est devenue un signe distinctif du paysage, un élément incontournable de l’agriculture locale, mais aussi le symbole d’une nature qui envahit, qui recouvre et qui transforme. C’est cette ambivalence qui inspire Arléo 2026 et fonde la thématique « Génération fertile ».

Cette édition vient interroger ce que recouvrir veut dire. Le recouvrement n’est pas seulement effacement ou disparition, il est aussi mémoire, stratification et fertilisation. Nombre de penseurs, dont Gilles Deleuze, Félix Guattari ou encore Édouard Glissant, posent l’identité non pas comme une racine unique mais comme un rhizome, un enchevêtrement vivant, une prolifération de relations et de strates qui s’accumulent sans jamais s’annuler. Le chouchou qui s’accroche, se propage et se régénère devient ainsi une métaphore puissante de nos propres constructions identitaires. Nous sommes faits de couches successives, de transmissions visibles et invisibles, d’héritages qui se recouvrent et qui nourrissent en silence ce que nous sommes aujourd’hui et constituent le terreau de notre avenir.

La « génération fertile » est celle qui naît et grandit dans cet enchevêtrement de connexions. Elle est confrontée à la mort et au renouveau, au recouvrement des mémoires effacées et à l’émergence d’imaginaires nouveaux. Elle est nourrie de multiples façons : par les récits transmis, par les nutriments de la terre, mais aussi par les flux numériques : les images et les savoirs fragmentés que portent les réseaux sociaux. Cette fertilité n’est pas seulement biologique ou matérielle, elle est aussi symbolique et spirituelle. Elle interroge ce que nous faisons de notre imagination, ce que nous construisons avec nos connaissances, et la manière dont nous préparons nos futurs.

Ce thème nous invite également à réfléchir sur ce qui pourrait renaître derrière les ruines d’un monde pollué, détruit, abîmé… Continuer avec le trouble, inventer des façons de faire parenté avec le vivant dans des environnements endommagés, réapprendre à coexister avec des présences multiples, tels sont les futurs possibles. Les écrits d’Anna Tsing sont en ce sens inspirants. Dans Le champignon de la fin du monde, nous suivons cette quête exploratoire qui nous offre de nouvelles possibilités d’habiter la Terre.

Le recouvrement fertile est alors une manière de penser l’art comme humus, comme terreau où se déposent des couches de mémoires, de savoirs, de déchets et de rêves, et d’où peut jaillir une vitalité nouvelle.

Arléo 2026 souhaite donner aux artistes la possibilité de s’emparer de cette thématique pour interroger à la fois le territoire de Salazie et notre monde contemporain. Comment les couches d’histoire, de mémoire et de culture se superposent-elles et forment-elles une identité fertile ? Comment l’art peut-il donner à voir la mort et le renouveau, la disparition et la renaissance, dans des formes qui nourrissent l’esprit autant que le corps ? Comment représenter cette génération connectée, saturée d’images, mais aussi inventive, débordante, traversée par des désirs de connaissance et de renouveau ? Comment, enfin, imaginer des futurs qui prennent racine dans ce qui persiste au milieu des ruines, dans ce qui se régénère malgré la destruction et la pollution ?

Le festival se veut un germoir, un terrain ouvert à toutes les formes de création, qu’elles recouvrent et dévoilent, qu’elles nourrissent et interrogent, qu’elles s’enracinent et se propagent. Il invite à faire de Salazie un laboratoire poétique et fertile, où les œuvres se déploieront dans les espaces publics, les paysages, les cases et les écoles, pour révéler la richesse d’une génération qui ne cesse de croître et d’inventer. L’imaginaire, la connaissance et la création artistique deviennent alors les conditions de notre fertilité commune, générant les couches nouvelles d’un futur que nous avons à écrire ensemble.

Rejoignez la scène artistique d'Arléo 2026

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Pour sa 3ᵉ édition, Arléo invite les artistes à faire vibrer Hell-Bourg les 8, 9 et 10 mai 2026.
Si vous souhaitez proposer une œuvre ou une performance, nous vous invitons à déposer votre intention ci-dessous :

À noter : seuls les candidats retenus seront contactés. Sans retour de notre part dans un délai d’un mois,
veuillez considérer que votre candidature n’a pas été retenue.

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